Concours

Mercredi 20 décembre 2006

Est-ce que les garçons ont toujours raison?

C'est vrai qu'à force, on se le demande. Nous, simples femmes, ne savons pas conduire, lire une carte, on ne comprend rien au sport, on est bonne qu'à faire à manger, quand on a des mômes (ou un chat), on l'élève n'importe comment.

Alors, est-ce que les garçons font tout mieux que nous?

Avec les garçons, en plus, il ne faut jamais parler; soit on parle de trop et ça le fatigue, soit pas assez et on fait la tête. Ou alors, on dit des choses, on promet, on ne les tient pas et il y a dispute car "il ne faut jamais promettre à un garçon une chose que l'on ne pourra pas assumer".

Le garçon est plus fort que nous! Le garçon est plus intelligent que nous! Il est plus malin. Il a plus de muscles et dans un monde de brute, c'est indispensable.

On a besoin du garçon et de ses muscles pour nous protéger. On est dépendantes! On a besoin du garçon pour monter nos meubles compliqués. On a besoin du garçon pour casser la gueule au monsieur qui fait rien que de nous embêter. On a besoin du garçon et de sa voiture pour nous emmener faire les courses (et les porter et pousser le cadie).

Quelle horreur! Le garçon est partout. On ne peut vivre sans lui!

Et le garçon a toujours raison à voix haute, parce qu'on a besoin de lui. Mais dans notre tête, il dit rien que des bêtises. Mais on ne lui dira pas. Pas folle, la fille!

Alors, qui du garçon ou de la fille est plus fort, hein?

Moi, ce que j'aime bien avec les garçons, c'est qu'ils ont des grands bras. Des fois, ils peuvent serrer plein de filles en même temps sans qu'on le sache, avec ces grands grands bras, mais des fois, c'est bien quand il ne sont que pour nous.

Mais le garçon, sans la fille, ses grands bras, ça ne lui sert à rien.

Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
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Mardi 19 décembre 2006
"Les habitudes rassurent"
Je crois que la personne qui a dit ça a parfaitement raison. Répéter la même chose, jour après jour, toujours ce sentiment de vie rangée et ordonée, pas de mauvaise surprise, avoir l'impression de tout contrôler. De maîtriser.
On se plaint souvent d'avoir l'étrange sentiment qu'hier n'est que le reflet de demain, mais en réalité, on se complait dans cette situation. On a le sentiment d'être en sécurité.
Comme je déteste descendre acheter des cigarettes et me rendre compte que le tabac est exceptionnellement fermé. Comme je déteste devoir marcher plus vite parce qu'un imprévu m'a retardé et que je n'ai plus grande chance d'arriver à l'heure à mon rendez-vous.
Comme je suis bien heureuse de voir qu'il y a toujours les mêmes personnes connectées sur internet. Comme je suis bien contente de retrouver toujours les mêmes têtes le matin, quand je bois mon café avant d'aller en cours.
Hier, je suis sortie pour aller à mes deux derniers examens avant mes vacances. Je suis d'abord passée au tabac (qui était ouvert) et où je n'ai même pas eu à demander mon paquet de cigarettes ; la vendeuse l'avait déjà dans les mains. Puis, dans la rue, je suis passée devant la clocharde de la boulangerie et, alors que je n'avais pas de cigarette à la main, m'en a demandée une, comme tous les autres matins.
Je crois, j'ai la certitude que mon quotidien prend le dessus sur ma vie. Certaines habitudes sont trop ancrées. Dois-je pour éviter cela, simplement demander des Malboro plutôt que des Pall Mall, perturbant à la fois ma routine et la vendeuse? Je ne pense pas que ce soit aussi facile.
Je me demande surtout, pourquoi vouloir bousculer la routine?
Qu'est-ce qui nous dérange dans la routine de notre vie?
Je crois que, à force de protection, on aimerait tenter le danger. L'imprévu. L'inattendu. L'inhabituel.
Ne pas me connecter pendant une semaine.
Changer de cigarettes comme de petites culottes.
Décider de ne pas se lever parce que, d'abord on est lundi, et en plus, il pleut.
Refuser de faire la vaisselle - quoique, j'ai un ami qui a fait la même chose, il vaccine à coup sûr!
Ne pas aller en fac par le tram mais par le bus.
Faire tout un tas de choses débiles pour échapper à son quotidien rassurant.
Même si, au fond, on finira toujours dans un quotidien rassurant, qu'il soit bordélique ou bien rangé.
Et pour paraphraser un ami, la vaisselle, il faut toujours finir par la faire, dans le bordel d'un appartement ou dans l'ordre de sa vie.
Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
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Samedi 16 décembre 2006
Encore l’amour. Toujours l’amour.
Ça devient rébarbatif.
Mais oui, mais la vie, c’est comme ça. On fait bien attention à la faire ordonner, on la range correctement, on en prend soin. Mais, ça ne suffit pas.
On s’attend toujours à ce qu’il y ait un miracle, une illumination, quelque chose qui fasse que ça se passe bien, au mieux, pas trop mal et sans douleur.
J’aimerais pouvoir rentrer chez moi et me blottir dans les bras de mon amoureux, lui dire que ça ne va pas fort, que je suis très fatiguée de cette vie, que j’ai besoin de réconfort et de tendresse. Pouvoir lui demander de porter un peu de mon malheur, faire semblant au moins de me comprendre et qu’il me sourit en me disant que tout va s’arranger. Tu veux boire une soupe chaude ?
Je rentre chez moi et le chat miaule. Il ne sait pas faire chauffer un bol d’eau et ouvrir un sachet de poudre.
Voilà à quoi se résume mon malheur. Le froid de l’hiver, l’absence d’une paire de bras, de larges épaules et d’une voix souriante.
Et d’un bol d’eau chaude.
J’ai toujours pesté sans jamais regretter aucune de mes anciennes relations. Mais, bien qu’ils étaient loin d’être parfaits, au moins, ils étaient là.
Au jour d’aujourd’hui, je me lamente sur un portable dont le message est destiné à un ex-copain que je pensais ne jamais revoir il y a à peine un mois. C’est d’un ridicule.
Surtout que l’hiver, c’est la saison déprimante où l’on ne fait que croiser des couples dans la rue. Des couples qui se tiennent chaud dans des couettes sous la neige.
Mais voilà, des amours passées, il ne me reste que les souvenirs. Et même les amours les plus virulents ne laissent qu’un goût fade.
« Les ordinateurs disjonctent, les gens meurent et les amours finissent par cesser ».
C’est triste, mais c’est vrai.
Il y a bien longtemps que je n’ai pas rencontré quelqu’un qui me plaise vraiment. Bien trop longtemps. Au moins, Clara Sheller fini par le trouver.
Et moi, c’est quand mon tour ?
C’est comme sur emule, on doit attendre, il y a une liste d’attente. Comme à beaucoup d’endroits d’ailleurs, quand j’y pense.
La première fois que j’ai entendu « Partons vite » de Kaolin, j’ai trouvé cette chanson magnifique. Maintenant que je l’entends pratiquemment toutes les heures à la radio, elle m’énerve.
Quand est-ce que je trouverai quelqu’un dont je ne me lasserai pas après plusieurs heures d’écoute ? Quand est-ce que je continuerai de l’écouter avec l’attention et la poésie de la première heure ?
Et pour toutes celles qui ont pris la relève, et surtout pour celle qui a su garder celui que j’ai aimé, je les admire au fond de moi tout en les haissant de tout mon cœur.
« Tu me manques tellement » était auparavant une preuve infinie dans le temps, mais il n’y a qu’à mon travail qu’ils arrivent un tel tour de magie. Faire d’une phrase une boucle interminable. Une danse qui ne s’arrête jamais.
Cette fameuse preuve, que je croyais infinie, s’est terminée. L’on se demande s’il est possible d’aimer inutilement. Sans finalité dans le temps. Mais on ne trouve pas de réponse, en supposant qu’il y en ait une.
« Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, les souvenirs et les regrets aussi ».
L’hiver est enfin arrivé mais je t’attendrai quand même avec ma grosse écharpe et mes moufles jusqu’au retour des hirondelles s’il le faut.
Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
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Dimanche 10 décembre 2006
Cette soirée me laissait un goût étrange sur le palet.
Cette semaine et même ce mois également.
J’ai eu l’impression d’être complètement dépassée par les évènements parce qu’ils étaient à la fois incontrôlables et aussi parce que j’avais l’impression qu’ils avançaient plus vite que moi, me laissant inexorablement sur le bas-côté.
C’est au moment où l’on se croit le plus protégé que l’on baisse la garde et que l’ennemi vous attaque par surprise.
Qui sont mes ennemis ?
Je pense avant tout que ce sont des ennemis intérieurs et que ceux-là vont déclencher par répercussion des ennemis extérieurs qui ne l’auraient pas été si j’étais en paix avec moi-même. Après tout, la plus grande des guerres et celle que vous vous déclarez.
Je m’étais protégée de mes amis, de ceux que j’avais blessé par le passé, de ceux qui m’avaient fait souffrir totalement inconsciemment – ou s’ils l’étaient, sans intention préméditée – de mon quotidien dont on ne peut pas dire que le mode de vie soit sain. Et un jour, vous croyez dormir paisiblement et l’on sonne à votre porte à une heure matinalement inacceptable. Ce pourrait être les pompiers vous vendant d’horribles calendriers avec des photographies d’incendies, mais se recoucher juste après leur en avoir acheté un serait beaucoup trop simple.
Non. On va sonner dans votre tête et vous remémorer ce qu’il n’aurait pas fallu oublier. Cacher. Renier. C’est comme une sorte de flash-back qui interferait avec le présent par le simple fait d’y repenser.
Ce qui expliquerait alors un certain nombre de réactions qu’hier encore, je ne comprenais pas. Pourquoi se mettre à pleurer dans un lit sans véritable raison, juste à cause d’un message qui sous-entendrait que vous êtes – toujours ? encore ? – la femme de sa vie à lui. LA femme idéale.
Je crois comprendre désormais pourquoi ces larmes. Parce que je me suis souvenue de mes promessses anciennes, celles que je lui faisais, masquées, celles que je me faisais à moi, celle que je nous faisais à nous, à notre couple. Celles que je n’ai pas tenu. Par dépit, par lâcheté. Parce que je n’en étais pas capable.
Pourtant, c’est un passé lointain désormais. Mais, un simple retour dans sa vie, une simple invitation à une soirée béta, une simple conversation permettent parfois de renouer certains liens. Et elles permettent de renouer avec le passé.
Mais, tout ces liens sont-ils aussi solides que des fils tressés soigneusement par une araignée ou vont-ils rompre dès que l’on tira un peu trop dessus.
C’est en fait le même principe que le paquet de nœuds. Si l’on tire sur le mauvais fil, le paquet se resserre. Si l’on attrape le bon, on dénoue tout le reste.
Et moi, si je tire trop fort sur le mauvais fil, le paquet à la fois se resserre et en plus, le fil s’arrache et il n’existe alors plus aucun moyen de défaire cette boule entrelacée.
Il y a aussi ceux qui vous ont fait mal. Et qui vous font encore mal. Comme le disait Snollie, se sont les « fantômes de nos relations passées ». Celles qui nous gouvernent encore, bien que de manière déguisée. Ces relations sont rares. Mais elles sont capables de vous faire tourner en rond et de finir par vous faire tourner noire et voir rouge.
Une fois encore, après avoir enterré mon histoire passsée, il a décidé de revenir par petites enjambées dans ma vie. Je ne peux pester contre la politesse et la délicatesse par lesquelles il s’y est pris. Et j’ai en plus l’étrange impression que cette délicatesse, il ne l’a pas acquise grâce à moi. Je le connaissais beaucoup plus « devored by vermin ». Je crois que cela vient en partie d’elle. Quelle ironie machiavélique.
On dit que l’espoir fait vivre. Par moments, il fait aussi beaucoup souffrir. Je peux alors faire référence à cette maxime un peu simplette, je l’admets, disant « vivre, c’est aimer ; aimer, c’est souffrir ; souffrir c’est mourir ; alors, pourquoi vivre ? ».
J’en suis arriver à ce point : un homme va pouvoir m’intéresser, mais après quelques heures passées en sa compagnie, je vais renoncer pensant qu’il ne sera jamais celui que je veux, celui qui me fera oublier mon fantôme. Ma hantise enfouie.
Il y a enfin mon quotidien qui se résume en quelques mots : réveils en retard, café, cigarette, cours, café, cigarette, cours, activité improductive rentrée chez moi, conversation avec mon ami maltais, repas – le premier de la journée – et je m’endors épuisée pour tout recommencer avec encore un décalage dans ma vie dû au manque de sommeil. De plus, depuis deux semaines, j’ai l’honneur d’y ajouter mes examens en parallèle avec mes cours. Sans oublier ma dose hebdomadaire de travail dans un institut de sondages. Je sors parfois, je vois des amis – souvent les mêmes – j’essaye de faire les choses. Mais je ne trouve pas le temps pour moi. Le temps qui devrait me servir à prendre soin de ma petite personne.
Je croyais, il y a encore quelques semaines, que j’étais un petit homme marchant avec un fagot de bois et qu’à chaque personne rencontrée sur mon chemin, je lui donnais un peu de mon bois pour m’alléger. Mais je crois maintenant que, même l’écriture, même les amis, même ma famille, ne peut me décharger comme je l’aimerais. Je porte mon bois mort sur le dos et je ne trouve pas le moyen de m’en débarasser. La question est maintenant de savoir si je ne suis pas finalement obligée de le garder à tout jamais et que la vie m’appendra à le porter de façon à ce qu’il me fasse le moins mal au dos dans la mesure du possible. Comme si la vie nous permettait en définitive de créer des amortisseurs. Quelque chose, non pas pour éviter les coups, mais pour moins les ressentir. Je crois même, en éccrivant ces lignes, que c’est ça la vie.
Cette soirée, je croyais bien la passer. Mais finalement, je crois avoir uniquement dissimulé des fractures qui se réouvraient malgré moi. Je pensais que, pendant cette soirée, j’allais bien rigoler et me changer les idées. Mais je suis tellement fatiguée, que je n’ai pas su éviter, pas su esquiver la claque qui m’attendait ce soir. Celle qui m’a fait comprendre tout ça. Celle qui m’a poussée à partir plus tôt que prévu, juste pour pouvoir écrire ce texte. Durant cette soirée, il s’est passé quelque chose d’étrange. Il y avait un verre posé au bord du lit, un verre de whisky, et je voyais le pied de la personne assise sur le matelas se rapprocher dangereusement de ce verre à chaque mouvement. Je ne suis pas restée assez longtemps pour savoir s’il l’avait renversé.
Je savais au fond de moi que tout cela arriverait. J’aurais pu l’éviter. Comme j’aurais pu dire à cet ami de faire attention au verre ou simplement le déplacer par moi-même. Mais je n’ai rien fait. J’ai assisté à tout ça, non pas en n’étant pas capable d’en changer le cours des évènements, mais en ne réagissant pas tout en considérant lucidement les impacts que cela allait produire. Que ce soit la tache sur le lino ou la fatigue, la lassitude pesante et constante.
Je vais maintenant me coucher.
Et tenter de dormir.
Pronfondément.
Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
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Mardi 28 novembre 2006
Je suis assise dans le wagon d’un train. Nous sommes arrêtés à une gare. Un autre train attend le départ à côté de ma fenêtre. Je le regarde. On entend un coup de sifflet. On avance. Qui avance ?
Est-ce le train d’en face qui démarre dans le sens inverse ou le mien qui s’en va de l’avant ? Quand dans la vie, tout va trop vite, que les évènements sont incontrôlables et qu’ils nous échappent à cause de leur peau faite de soupirs qui s’enfuient dans le vent, que les journées commencent et qu’il est déjà temps de dormir, que l’infernale routine est déjà trop ancrée dans notre quotidien et que l’on ne peut plus mettre le doigt dans l’engrenage au risque d’une amputation… Est-ce que c’est notre vie à nous qui va trop vite ?
Est-ce que ce ne sont pas plutôt les autres à qui ils arrivent toutes sortes de nouveautés et que par répercussion, nous avons l’impression que c’est notre vie qui avance ? Finalement, on ne serait pas en train de stagner en s’exclamant de tout ce qui se passe dans la maison de nos amis ? C’est vrai que le papier peint est joli ; et si je changeais le mien !
Mais, pourquoi ce sentiment de fatigue ?
Si je stagne, je ne dois pas être épuisée de mes non-actes. N’est-ce pas plutôt la folle danse du monde qui me rend lasse à ce point ?
Je ne sais pas si j’avance, je ne sais pas si je recule.
Je regarde par la fenêtre, je vois le paysage défiler comme défile le temps, bien trop rapidemment. Je regarde les lumières de la ville au loin ; on dirait des étoiles échouées qui se seraient perdues.
Je regarde les gares s’enchaîner les unes après les autres.
Si je ne m’arrête pas, ce sera comme avancer ou comme se fatiguer pour rien ? A quel moment dois-je tirer la sonnette d’alarme et décider de prendre ma vie en main pour que ce soit la mienne qui avance, cette fois.
« Je ne peux pas descendre car il n’y a plus de nom sur les gares »
Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
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