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Mardi 7 novembre 2006
Aujourd’hui, quelqu’un a dit « les médecins écrivent très mal, mais les pharmaciens sont habitués ; de toute façon, ils ne regardent pas ce qui est marqué sur l’ordonnance, ils ne se fient qu’au nom du généraliste qui, de toute façon, prescrit toujours la même chose ».
Est-ce que c’est vrai, ça ?
Que finalement, on se fiche pas mal de la personne, qu’on ne la comprend plus que dans une globalité ?
Est-ce que toute notre vie ne serait-elle pas faite de globalité et de généralités ? Vivons-nous dans un monde où le Peintre n’aurait eu à sa disposition que de la gouache noire et blanche – un Homme profondément manichéen en définitive…
Vivons-nous dans un monde d’autoroutes où les sentiers auraient disparu ? Marcher un pied devant l’autre sans jamais trébucher, ne pas voir de tête dépasser, former une belle ligne d’horizon et ne jamais prendre de virage serré.
Pas de cul-de-jatte dans ce monde-là.
Sommes-nous devenus un monde sans faille ? Irréprochable ? Sans débordement et accrochage…
Un monde nazi ?
Le mot est dur, je l’admets. Mais nous sommes devenus des cases. La case blanche, la case noire, la case jaune, la case riche, pauvre, intelligent, idiot, etc.
Ne réclamez pas vingt mille francs !
On enferme les fous entre eux, les débiles entre eux, les ethnies entre elles et tout ce beau monde enfermé se porte à merveille.
Un Africain fait une connerie et c’est tous les autres qui payent.
Un Arabe vole et ils sont tous voleurs.
Un Américain vote Bush et tout le monde se réjouit face à la perspective d’une nouvelle guerre.
Un Français achète son pain et les Français portent des bérêts et une baguette sous le bras.
Nous sommes devenus des ensembles, des groupes.
L’individu est-il mort ?
Comment c’est ailleurs ?
Les coquelicots continuent-ils de mourir en masse ? Comme dans un tableau impressionniste, il faudrait se pencher un peu plus près pour comprendre que chaque petite touche de peinture est en fait une personne à part entière.
Il faudrait que le pharmacien regarde mieux les symboles hiéroglyphiques de l’ordonnance pour comprendre le problème de ce petit monsieur fébrile et malade.
Est-il encore possible de voir quelques têtes dépasser ?
Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
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Lundi 6 novembre 2006
Ayant décidé de partir voir mes grands-parents suite à la convalescence du patriarche, j’avais un train à prendre, direction Bayonne – encore – et des valises à remplir. C’est donc avec un tout petit sac sous le bras que je suis partie, le cœur léger, à la gare. J’avais deux changements : un à St Pierre des Corps et un à Bordeaux. Grignotant mon sandwich (le savourant même, si j’avais su…), je regardais le paysage défiler. Quand soudain ( !), la première contrariété de la journée se fit sentir ; j’avais bien dans mon sac mon lecteur mp3 mais j’avais oublié les piles chez moi. Surtout que j’avais pensé à les charger la veille, exprès. Ce sera donc le chat qui en profitera ! Bon, c’est pas grave, je me dis que je n’aurai qu’à en acheter à Tours puisque j’avais pris soin de me laisser une heure dix de battements (juste au cas où). C’est donc en mini jupe et bottes de cuir que je me mis à visiter la ville, en direction d’Attac, le seul centre commercial ne demandant pas deux heures de marche. Mais c’est avec tristesse que je découvris qu’ils n’y vendaient pas les piles tant recherchées. Alors, en panique, je demanda à deux jeunes s’ils savaient où je pouvais en acheter et l’un d’eux m’indiqua une papeterie qui ouvrait dans quinze minutes. Alors que j’attendais tranquillement devant la boutique, le même jeune homme revint me voir et me donna deux piles qu’il avait trouvées dans sa voiture. Toute contente de moi, je repris le chemin de la gare (tout en aidant une vieille femme à traverser qui me remercia vivement « merci madame, vous êtes bien gentille madame » (coup de vieux) et indiquant le chemin de l’A.N.P.E. à une conductrice alors que je ne connaissais pas cette ville une heure plus tôt) et m’installa dans le TGV avec de la musique dans les oreilles.
Le trajet se déroula sans encombre puisque j’y trouva le sommeil, bien que souvent interrompu par l’annonce du service bar.
Une heure avant mon arrivée et totalement réveillée, je me leva pour aller à ce fameux service tant vanté par l’agent SNCF et y commanda un café (2.30euros) et un cake aux fruits (2.80). Je présenta ma carte et l’agent me la refusa car, ils ne pouvaient pas accepter « ce type de carte ». Qu’est-ce qu’elle a ma carte ?? Par conséquent, j’ai du faire un choix. N’ayant sur moi que 3euros. Je pris le café tristement et m’installa de manière à ne pas renverser mon gobelet et à ne pas tomber à chaque secousse – c’est assez sportif ! Quand un homme d’une quarantaine d’années vint me donner le fameux cake en me disant qu’il me l’offrait ! Incroyable le pouvoir qu’ont une jupe et des bottes !
Toute fière de moi, je retourna dans mon wagon.
Arrivée à Bordeaux, je pris mon dernier train et le voyage ne devait plus que durer deux heures.
Mais voilà, ce train traversait les Landes. Et lorsque je prends le train dans les Landes, il y a toujours (toujours !) un problème : train qui tombe en panne, train nous précédant tombant en panne, enfant jouant sur la voie, etc. Ils ne savent plus quoi inventer !
Ce voyage n’échappant pas à la règle, avant que l’on arrive en gare de Morcenx, le train roula sur quelque chose et le conducteur effectua un freinage d’urgence. Au sein de mon compartiment, on essayait de savoir si l’on avait roulé sur des pierres ou si l’on avait écrasé quelque chose en bois.
Le contrôleur nous donna la réponse trente minutes plus tard. Une personne venait de se suicider. C’est à ce moment-là que toute l’horreur pris son ampleur. Ce bruit de cailloux écrasés, c’était simplement les os de la personne. L’odeur de brûlé, les freins à fond sur les lambeaux de corps. Alors que tout le monde s’exclamait « Oh, ils vont arrêter de se suicider » ou alors « C’est pas vrai ! Encore un ! C’est la saison ! », je n’arrivais pas à penser à autre chose qu’à ce bruit de carcasse que l’on écrase… J’étais horrifiée. J’avais besoin de sortir de ce train, d’appeler mes parents, de penser à autre chose. Le bruit se répétait sans cesse dans ma tête comme un cauchemar qui ne veut pas sortir et qui tourne en rond jusqu’à ce qu’il meurt d’épuisement. Comme un bad trip qui vous donne l’impression de tourner sur un manège de plus en plus vite…
Mais il fallait attendre la police, le SAMU et les pompiers pour pouvoir repartir. La procédure normale dure deux heures et demi.
Sans lumière dans le compartiment, sans eau et le ventre vide, je ne me sentais vraiment pas bien. Et cette envie irrésistible d’en gratter une…
Deux heures et demi plus tard donc, le train repartit jusqu’à la prochaine gare pour procéder à une échange de locomotive « pour les besoins de l’enquête », ce qui prit encore une bonne demi-heure (mais j’ai pu fumer deux cigarettes sous un froid de canard). Puis, il fallut trouver un autre conducteur car le nôtre était retenu par la police afin d’effectuer une prise de sang et autres formalités.
Le train reparti enfin et la suite du trajet se fit sans encombre, principalement après Dax où tous les passagers de mon compartiment descendirent. J’ai pu alors éteindre toutes les lumières et me reposer, allongée de tout mon long sur quatre fauteuils.
Et arriver à Orthez, enfin.
Et quitter ce train qui sentait la mort et le désespoir.
Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
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Mercredi 1 novembre 2006
MARCHER SEUL SOUS LA NEIGE
SENTIR LE FROID ENVAHIR SON CORPS
COURIR POUR ECHAPPER AU PASSE
COURIR POUR NE PLUS Y PENSER
COURIR POU RATTRAPER L'HORIZON
COURIR, COURIR
ET PUIS S'ARRETER, ESSOUFFLE
REGARDER LE JOUR SE LEVER, MERVEILLEUX
SE JURER DE DEVENIR UN HOMME HEUREUX
ET PUIS S'EN ALLER
REPRENDRE SA VIE LA OU ELLE S'EST ARRETEE
AVANT LA NEIGE
AVANT LE FROID
AVANT
VIVRE CHAQUE JOUR LE SOUFFLE COUPE
OUBLIER SES ANCIENNES PROMESSES
ET PUIS VOIR LE SOLEIL SE COUCHER
POUR NE JAMAIS SE REVEILLER.
Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
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Mercredi 1 novembre 2006

Alors qu’issue d’une famille majoritairement américaine, j’allais fêter pour la première fois de ma vie Halloween. J’avais prévu, avec un ami, d’aller à un concert à Pigalle ; un nouveau groupe de la famille des métaleux, pas trop mauvais, mais je dois dire que j’y allais surtout pour me déguiser.

Après un réveil à 7h30 pour rejoindre ma mère et mon petit frère directement venus de la maison familiale jusqu’à ma petite bourgade, et une longue journée shopping qui s’ensuit d’un mal de jambes et des pieds en feu, je commençais à me déguiser : longue robe blanche, bas noirs, bottes hautes noires, rouge à lèvre, vernis rouge, yeux noirs et maquillage un peu étrange – j’étais censée ressembler à une furie – et j’attendais ma perruque blanche que mon ami devait m’apporter juste avant que nous partions. En définitive, je ne ressemblais à rien et c’est ça qui faisait peur. On aurait pu conclure hâtivement que j’étais l’enfant caché d’un super héros, d’un raton laveur, d’une pute et d’une furie. Une hérédité lourde de conséquences.

Nous avons enfin pris la voiture pour aller à Paris. Certes, les conducteurs nous regardaient bizarrement quand nous les doublions, mais je rigolais en me disant que nous n’étions pas les seuls à célébrer cette de fête des monstres et que, par conséquent, ils nous en excusaient.

Il nous fallut plus de 2h30 pour arriver jusqu’à Porte de Clichy par le périphérique et j’étais déjà épuisée par les bouchons. Puis, une demi-heure pour faire Porte de Clichy – Elysée Montmartre. Par chance, on arriva à se garer en face de la salle. On commença alors à attendre l’ouverture des portes mais la faim se faisant ressentir, mon ami et moi sommes allés grignoter quelque chose. Une heure plus tard, décidé à aller à ce concert, on s’approcha des portes quand un des vigiles nous indiqua d’un air perfide que le concert était reporté au 12. C’est là que j’ai fait le rapprochement avec les cris dans la rue pendant qu’on mangeait. Ce n’était pas pour la venue du groupe, mais pour leur départ. J’étais effondrée.

On retourna à la voiture – pour une fois qu’on avait trouvé une place – et on essaya de trouver un plan B ; il n’était pas question de faire plus de 4h de route pour rien. Évidemment, l’histoire aurait été trop simple si mon ami avait eu encore de la batterie sur son portable ou s’il connaissait les numéros à appeler par cœur. Il fallut donc que l’on échange nos batteries puis qu’il appelle un certain nombre de numéros avant que l’un d’eux nous propose de passer chez lui.

On reprit donc la voiture direction cette fois rue Mademoiselle, près de la Concorde. Après une heure de bouchons et d’hésitations dans les rues de Paris, on se retrouva chez l’ami en question. Pour repartir une demi-heure après, direction, vous allez rire, place de Clichy où se tenait une soirée déguisée. Oui, car, hormis nous deux, je n’avais croisé aucune sorcière, diable ou scream dans les rues. La magie des fêtes s’est-elle envolée ?

Arrivés à Clichy, il nous fallut encore une bonne heure de tournée virée dans les rues pour pouvoir se garer. Pour boire une bière le temps de trente minutes et s’en aller, enfin.

Comme soirée, c’était réussi !

Déjà, je n’aime pas Paris. Trop de voitures, de bruit, de stress… C’est une ville qui me fatigue. Qui m’épuise.

De plus, ayant un tempérament de Basque bien frappé, je ne peux m’empêcher de pester face à la conduite catastrophique et surtout très égoïste des Parisiens. Imaginez le tableau, moi, dans la petite R5, au milieu de tout ces bourreaux de la conduite !

Les Parisiens sont comme les filles lorsqu’elles couchent avec un garçon ; elles pensent toujours que les hommes ont la connaissance innée du corps de la femme et que, par conséquent, ils sauront les faire grimper aux rideaux. Les Parisiens en voiture pensent que les pechnos connaissent ou tout du moins doivent connaître par cœur toutes les rues de leur capitale et ont une conduite irréprochable (ou parisienne ce qui équivaut à la même chose en soit).

Comprenez, chers Parisiens, que l’on ne peut tout savoir. Arrêtez de klaxonner, vous nous énervez. Arrêter de râler, ça n’avance à rien.

En définitive, ce n’est qu’en empruntant l’A6a sur le chemin du retour que je me suis sentie libérée. Mon ami, en disant « regarde, on est en pleine forêt » ne saura jamais à quel point cette phrase fut une libération.

A ce moment-là, on écoutait « Forest » et j’ai enfin fermé les yeux.

Ah, Paris, quand tu nous tiens… Et bien, lâche-nous, veux-tu !

Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
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Lundi 30 octobre 2006

Jusqu’où l’on peut aller pour satisfaire son ego ?

Je résume l’histoire. Je le rencontre, tombe sous le charme, on couche ensemble, je largue mon petit-ami officiel, il largue sa petite-amie officielle, on se revoit, on se remet ensemble, je tombe amoureuse, je romps, je regrette, il trouve une blonde, et voilà. L’histoire en est là.

Depuis quelques semaines, après avoir arrêté de déprimer, je suis passée en mode « attaque », ou plus précisement, en mode « torture psychologique subtile ». J’essaye de le faire craquer sans qu’il s’en rende compte. Qu’il se dise finalement que sa blonde n’est pas si bien. Je sais, je m’y prends un peu tard, ça fait dix mois qu’ils sont ensemble.

Justement, a-t-on le droit de ruiner une histoire d’amour juste parce qu’on est jalouse ou que l’on s’est tout simplement rendue compte que l’on avait fait une grosse connerie un peu plus tôt ?

Je suis invitée à passer le nouvel an dans leur cher pays. La tradition veut que les hommes s’habillent en costume et les femmes en robe de soirée. J’ai décidé d’être absolument époustouflante.

Quand j’ai fait part de mes projets à certains de mes amis, ils ont tous eu la même réaction : les filles, toutes les mêmes !

C’est vrai, ça ? Est-ce qu’on veut toutes faire regretter à son ex de nous avoir remplacé ?

Au fond, à quoi ça sert…

Supposons que mon petit plan machiavélique marche, j’en serai où de ma vie ? Il aura rompu avec sa petite-amie, on aura passé au grand maximum dix jours ensemble (en supposant qu’il ai craqué dès le premier jour de ma venue), je serai rentrée en France et je me morfondrai sur mon canapé en me disant que je l’ai mais qu’il vit à 1500kms de chez moi.

Alors, j’irai pleurer sur d’autres canapés, dans d’autres bras et l’histoire se répètera.

Ou alors, il décide de venir s’installer en France parce que, décidement, j’étais vraiment trop sublime dans cette robe ce soir-là, et on coulera des jours heureux en regardant l’album photos.

Je rêve ! Et pourquoi pas caresser le chien couché à mes pieds !

Clara Sheller tombant amoureuse de son collocataire homosexuel demande à sa mère si elle ne se fait pas une fausse idée du prince charmant. Ce à quoi elle lui répond que c’est peut-être une façon de se préserver de l’amour, d’aimer quelqu’un avec qui il ne se passera jamais rien. Si ce n’est pas tout simplement un moyen de se rassurer.

Je fais comme Clara, alors ? Je me protège de toute relation en restant amoureuse d’un homme avec qui je ne pourrai jamais vivre de quotidien, un homme pour qui je ne ferai jamais de lessive, avec qui je ne me prendrai jamais le choux parce qu’il n’a pas fait les courses, avec qui je ne parlerai jamais papier peint et carrelage pour la salle de bain, un homme, finalement, avec qui je ne vivrai jamais l’horrible train-train de la vie ?

Mouawad l’avait écrit ; qu’est-ce qui nous protègera des ravages de l’amour ?

Est-ce que ça vaut vraiment le coup de tomber amoureux ? « D’avoir mal et d’avoir bien » ?

Il est pratiquement une heure du matin et je travaille demain. Tôt. Et je ne veux pas dormir. J’ai l’impression que j’arrive à comprendre quelque chose. Que j’ai peut-être une réponse à une centaine de questions qui se rejoindraient toutes.

Serena disait « chaque minute qui passe est une occasion de changer le cours de sa vie ». J’entends derrière moi mon robinet qui fuit. À chaque « ploc » je me dis, c’est le moment ? Ploc. C’est maintenant que je dois changer ? Ploc, est-ce que je ne préfère pas rester dans mes illusions (comiques) ? Ploc. Ou alors se coucher et arrêter de penser ? Ploc. C’est maintenant que je suis adulte ? Ploc. Arrêter de vivre de ses rêves…

Ploc

Ploc

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Ou alors, continuer d’espèrere que quelque chose de bien arrive. Quelque chose qui n’ait pas besoin de « mal » derrière. Juste quelque chose de bien, sans conséquence. Sans désagrément.

Ploc

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Je compte jusqu’à trois et j’arrête d’être une enfant…

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Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
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