Alors qu’issue d’une famille majoritairement américaine, j’allais fêter pour la première fois de ma vie Halloween. J’avais prévu, avec un ami, d’aller à un concert à Pigalle ; un nouveau groupe de la famille des métaleux, pas trop mauvais, mais je dois dire que j’y allais surtout pour me déguiser.
Après un réveil à 7h30 pour rejoindre ma mère et mon petit frère directement venus de la maison familiale jusqu’à ma petite bourgade, et une longue journée shopping qui s’ensuit d’un mal de jambes et des pieds en feu, je commençais à me déguiser : longue robe blanche, bas noirs, bottes hautes noires, rouge à lèvre, vernis rouge, yeux noirs et maquillage un peu étrange – j’étais censée ressembler à une furie – et j’attendais ma perruque blanche que mon ami devait m’apporter juste avant que nous partions. En définitive, je ne ressemblais à rien et c’est ça qui faisait peur. On aurait pu conclure hâtivement que j’étais l’enfant caché d’un super héros, d’un raton laveur, d’une pute et d’une furie. Une hérédité lourde de conséquences.
Nous avons enfin pris la voiture pour aller à Paris. Certes, les conducteurs nous regardaient bizarrement quand nous les doublions, mais je rigolais en me disant que nous n’étions pas les seuls à célébrer cette de fête des monstres et que, par conséquent, ils nous en excusaient.
Il nous fallut plus de 2h30 pour arriver jusqu’à Porte de Clichy par le périphérique et j’étais déjà épuisée par les bouchons. Puis, une demi-heure pour faire Porte de Clichy – Elysée Montmartre. Par chance, on arriva à se garer en face de la salle. On commença alors à attendre l’ouverture des portes mais la faim se faisant ressentir, mon ami et moi sommes allés grignoter quelque chose. Une heure plus tard, décidé à aller à ce concert, on s’approcha des portes quand un des vigiles nous indiqua d’un air perfide que le concert était reporté au 12. C’est là que j’ai fait le rapprochement avec les cris dans la rue pendant qu’on mangeait. Ce n’était pas pour la venue du groupe, mais pour leur départ. J’étais effondrée.
On retourna à la voiture – pour une fois qu’on avait trouvé une place – et on essaya de trouver un plan B ; il n’était pas question de faire plus de 4h de route pour rien. Évidemment, l’histoire aurait été trop simple si mon ami avait eu encore de la batterie sur son portable ou s’il connaissait les numéros à appeler par cœur. Il fallut donc que l’on échange nos batteries puis qu’il appelle un certain nombre de numéros avant que l’un d’eux nous propose de passer chez lui.
On reprit donc la voiture direction cette fois rue Mademoiselle, près de la Concorde. Après une heure de bouchons et d’hésitations dans les rues de Paris, on se retrouva chez l’ami en question. Pour repartir une demi-heure après, direction, vous allez rire, place de Clichy où se tenait une soirée déguisée. Oui, car, hormis nous deux, je n’avais croisé aucune sorcière, diable ou scream dans les rues. La magie des fêtes s’est-elle envolée ?
Arrivés à Clichy, il nous fallut encore une bonne heure de tournée virée dans les rues pour pouvoir se garer. Pour boire une bière le temps de trente minutes et s’en aller, enfin.
Comme soirée, c’était réussi !
Déjà, je n’aime pas Paris. Trop de voitures, de bruit, de stress… C’est une ville qui me fatigue. Qui m’épuise.
De plus, ayant un tempérament de Basque bien frappé, je ne peux m’empêcher de pester face à la conduite catastrophique et surtout très égoïste des Parisiens. Imaginez le tableau, moi, dans la petite R5, au milieu de tout ces bourreaux de la conduite !
Les Parisiens sont comme les filles lorsqu’elles couchent avec un garçon ; elles pensent toujours que les hommes ont la connaissance innée du corps de la femme et que, par conséquent, ils sauront les faire grimper aux rideaux. Les Parisiens en voiture pensent que les pechnos connaissent ou tout du moins doivent connaître par cœur toutes les rues de leur capitale et ont une conduite irréprochable (ou parisienne ce qui équivaut à la même chose en soit).
Comprenez, chers Parisiens, que l’on ne peut tout savoir. Arrêtez de klaxonner, vous nous énervez. Arrêter de râler, ça n’avance à rien.
En définitive, ce n’est qu’en empruntant l’A6a sur le chemin du retour que je me suis sentie libérée. Mon ami, en disant « regarde, on est en pleine forêt » ne saura jamais à quel point cette phrase fut une libération.
A ce moment-là, on écoutait « Forest » et j’ai enfin fermé les yeux.
Ah, Paris, quand tu nous tiens… Et bien, lâche-nous, veux-tu !