Publicité

Mercredi 11 octobre 2006
J’ai croisé mon ex petit-ami aujourd’hui.
Enfin, un de mes ex petits-amis. Eh oui, face à mon succès, je les accumule à ne plus savoir quoi en faire. Je me demande souvent si je ne suis pas tout simplement une pétasse (oui, je sais, c’est pas bien de dire des gros mots, mais c’est mon blog, je fais ce que je veux !). Mais je me console en disant qu’en attente du prince charmant, je ne fais qu’embrasser beaucoup de grenouilles.
Et donc, je croise un des mes ex.
Enfin, disons que ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça. Je marchais, cigarette coincée entre les lèvres, vers la porte d’entrée du bâtiment quand je vois au loin un petit homme blond avec un petit (plus grand) homme dread locké de la tête aus pieds (c’est pour la rime). Je reconnais le blond et je n’ai vraiment aucune envie de lui parler. Ca fait un mois et demi que la rentrée universitaire a eu lieu et jusque-là, j’ai su l’éviter. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais perdre ! Alors, je regarde mes pieds genre, je t’ai pas vu, tu n’es plus rien pour moi. Et heureusement, je reconnais deux filles de ma classe au loin, juste en face de lui. Alors, je vais à leur rencontre en me mettant bien de dos pour ne pas avoir à croiser son regard.
Évidemment, mon petit plan ne peut pas marcher bien longtemps et bon, croisement de regard, il y a. On se fixe et il me fait un signe de tête en guise de « bonjour ». Je réponds (j’ai ma dignité mais aussi une bonne éducation).
Et on voit dans ce regard ce qui nous avait tant plu quand on l’avait rencontré. Certes, je lui crache dessus dès que je peux (c’est une image, hein !) mais quand même ! Si je me suis retrouvée avec lui, c’est qu’il y avait bien quelque chose avant. Alors pourquoi ça change ? Comment ça se fait qu’on se trompe à ce point ? Le pire, c’est que je me suis dit, si je ne le connaissais pas, je le draguerais. « Pétasse ! » ; non, princesse. Et toc !
C’est quand même mal foutu la vie. Soit on se rend compte que ce n’est pas le bon, soit c’est le bon mais on met fin à une histoire pour de futils détails.
« Moi qui avais si peur de la convention ». Et bien, c’est réussi !
Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 11 octobre 2006
Petite note à l'intention des lecteurs assidus de ce site :
Vous avez bien remarqué quelque chose de bizarre dernièrement?! Outre les deux textes sans accent, j'entends. Oui, le fil conducteur de ce site s'est emmêlé. Il n'y a plus de logique avec les premiers écrits. Où est passé le petit bonhomme sur son nuage? Et bien, j'ai le regret de vous dire qu'il est mort. Oui, suite à une perturbation, le nuage s'est volatilisé et le bonhomme est tombé du ciel. Je sais, c'est triste. Il va vous manquer. Je sais que ses réflexions étaient pertinentes, que vous l'aimiez bien. Mais c'est comme ça, c'est la vie. Et de toute façon, c'est ma chose, je fais ce que je veux!
Alors, n'ayant plus d'observateur, les textes et leurs personnages font n'importe quoi. C'est le chaos. En même temps, le bordel, moi, j'aime ça. Alors, pardonnez-moi le manque d'organisation flagrant de ce blog, mais de toute façon, l'adresse va bientôt changer. Dans quelques temps, il y aura un nouveau lien vers un joli site tout frais tout beau...mais j'aurai l'occasion de vous en reparler chers lecteurs (et ils sont nombreux! 10! au moins!).
En attendant, je vais laisser le bordel s'installer progressivement et les textes s'aglutineront au grès de leur envie! De toute façon, ils sont incontrôlables. Et puis, les artistes sont tous névrosés. Et les phoques, tous pd! Quel monde, j'vous jure!
Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 10 octobre 2006

Ca y est, je suis guérie. Enfin presque. Disons que j'ai fini mon deuil. Certes, il n'est pas tout à fait mort, mais vaut mieux le considérer comme tel.

Mais, la vie est pleine de surprises et de rebondissements - ahahah, quelle blagueuse celle-là - et bien sûr, il fallait que je reçoive un mail de l'au delà. De très très loin. Un mail qui vient de je ne sais où. Tellement loin que j'ai du mal à y croire. Les morts ne sont pas censés savoir écrire... et avoir une connexion internet dans leur tombe. Et bah même pas peur, je t'écris d'outre tombe, juste pour te dire que je pense encore à toi.

A ce moment-là, mon cerveau se met à fumer. Il est tellement violenté en ce moment. Il comprend plus rien. J'ai irradié cet homme de mon crâne et il vient me dire que je suis toujours quelqu'un pour lui. Rire ou pleurer? Effacer ou conserver? Je fais quoi avec cet homme?! C'est compliqué...

Il me suffirait d'effacer son mail pour définitivement l'oublier. Enfin, faire croire à tout le monde et surtout à soi-même qu'il n'est plus rien. Plus qu'un petit ver-de-terre, un cafard, un cloporte. Juste l'écraser du bout des doigts. Oui, mais c'est trop dur. Et puis, ça fait quand même super peur un cafard!

Du coup, tétanisée devant mon écran, je lis et relis ces quelques lignes, ses quelques mots. Mais pourquoi??? Pourquoi me fait-il autant souffrir? J'espère que de son côté, il regrette d'être avec sa blonde. Et son pantalon blanc!

J'ai plus qu'à ranger mes affaires noires et repasser au jaune alors...

Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 9 octobre 2006

Mon grand-père a dit qu'on ne pourrait plus avoir la même jeunesse parce qu'on ne pouvait plus se pendre au cou des vaches.

Alors en attendant, on leur donne des poignées d'herbe à travers les fils barbelés. C'est presque comme avant mais c'est plus électrique.

 

Mon grand-père râle souvent après un peu près tout ce qu'il peut. Il râle parce qu'il pleut en plein été, il râle parce que les voitures font trop de bruit, il râle parce que les américains nous vomissent dessus, parce que les joueurs de foot sont tous drogués, parce que les légumes ressemblent à de la flotte, parce que les oiseaux ne chantent plus le matin, parce qu'il y a du fil électrique autour des prairies.

 

C'est vrai que les voitures font plus de bruit. Mais c'est pour aller plus vite. Parce qu'il faut aller travailler, il faut faire les courses, nourrir les enfants, payer ses impôts, répondre au courrier, faire le ménage et tout recommencer. Les voitures font plus de bruit et ne s'arrêteront jamais au bord de la prairie.

 

Au lieu de râler, mon grand-père pourrait rester au lit toute la journée. Mais il préfère se lever très tôt le matin pour surprendre les oiseaux en train de fredonner. Et il découpe lentement des miettes du vieux pain avec un grand couteau. Il parle aux oiseaux comme s'ils étaient ses amis. C'est un antiquaire de la vie.

 

Il ne parle pas à ses petits-enfants.

 

Pourtant, il doit certainement avoir plein de choses à raconter, mais il n'a personne pour l'écouter marmonner dans sa barbe. Il crache trop. Mon amie est italienne et les Italiens sont tous des cons.

 

Mais les vaches, elles s'en moquent. Alors même si elle ne va pas les prendre par le cou, elle leur jette des bouquets de brins d'herbe. Et ce sera ni pire ni mieux qu'avant. Ce sera juste maintenant.

Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 6 octobre 2006
"Il avait effroyablement raison.
On devrait avoir deux vies. Deux chances. Une que l'on choisit, que l'on décide de mener selon les envies, en se promettant de ne jamais rien regretter, en sachant qu'il n'y aura jamais de regret. Une vie comme un coup de tête, décision de dernier moment, combat contre l'indifférence. Une vie salée, acide. Une vie dont la mort n'est que l'ultime repos.
Puis une autre que l'on veut rangée, pour avoir eu un sens. Pour avoir eu un chemin commun, comprendre tout ce qui nous semble si absurde. Boulot, mari, môme, voiture, appart', môme, maison, voiture, impôts, boulot, noël en famille, bougies d'anniversaire : don de soi, encore, toujours, pour tout, pour tout le monde. Vie sûre, rassurante, ordonnée. Vie sucrée et amère. Dont la mort est notre ultime regret. Dernier cynique avertissement, quand il est déjà trop tard. Juste histoire de.
Mais deux vies, ce n'est pas possible... Du moins à ma connaissance. Alors laquelle choisir?... En sachant que le mélange est impossible. J'y pense.
Et je me vois à vingt-huit ans dans une étrange pièce d'un blanc angoissant, les yeux vides, les paupières bleues, le visage livide, les lèvres pâles, pleurer dans les bras de ma mère.
Je meurs du sida, d'un cancer prématuré ou de dégénérescence par trop de prises.
Je pleure d'impuissance.
Je pleure d'avoir trop profité, moi qui avait si peur de la convention.
Je pleure car dans une semaine, dans deux jours, demain ou dans deux heures, je vais mourir et rendre ma chance de fabriquer un sens à ma vie.
Je pleure car il me manque tant de choses pour constituer ma faible connaissance de la vie.
Je pleure car je ne porterai jamais d'enfant.
Je pleure car je ne remplirai jamais la voiture d'innombrables valises pour partir, satisfaite, en vacances.
Je pleure car je ne prendrai jamais de café le dimanche matin sur ma propre terrasse, dans mon propre jardin.
Je pleure car je ne sais même pas à quoi ressemble une fiche de paie.
Je pleure car je ne penserai jamais qu'il faut vraiment refaire la salle de bain.
J'ai soixante dix-sept ans et je suis sur mon lit de mort. Les enfants sont venus il y a deux semaines donc ne passerons pas avant plusieurs jours. Mais la clinique va les prévenir de "son état préoccupant" et ils vont se précipiter sans savoir pourquoi, histoire de, car "c'est comme ça que l'on fait habituellement". Peut-être qu'avec chance je pourrai dire au revoir aux petits.
J'ai soixante dix-sept ans et je vais "aller au ciel".
Il y a longtemps que j'ai renoncé au mari, à la voiture, à la maison, au petit jardin si tendrement entretenu et au chat mort de vieillesse.
Mais je pleure. Seule, dans tout ce blanc.
Je pleure car je ne saurai jamais quel goût à la coke.
Je pleure car je ne serai jamais partie voir l'océan, comme ça, sur un coup de tête.
Je pleure car je n'ai finalement pas grand chose à raconter à mon petit-fils de dix-sept ans.
Je pleure car je me suis toujours stoppée à l'état de pompette.
Je pleure car je n'aurai jamais laissé s'entasser la vaisselle.
Je pleure car je n'aurai jamais envoyé chier mon patron si emmerdeur.
Je pleure car je ne me serai jamais éclatée au lit depuis mes quinze ans.
Je pleure car je n'aurai jamais rendu feuille blanche.
Je pleure car j'ai pris une direction, celle de la masse, mais je n'y ai pas trouvé de sens.
Je pleure car une fois de plus, j'ai perdu la partie.
GAME OVER.
OWNED!"
Par Alice Walden - Publié dans : joursetnuits
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus