Je n'ai rien à dire.
Rien à raconter.
Rien à partager.
Je ne trouve pas les mots nécessaires.
Je pourrais raconter que, pendant cinq minutes, je me suis demandée si j'étais enceinte et qu'après six minutes, je ne le savais toujours pas.
Je pourrais raconter que j'ai assisté - enfin - à mon concert d'Halloween et que je me suis sentie vieille en regardant le public qui s'agitait dans tous les sens.
Je pourrais raconter l'entretien passionnant que j'ai eu avec mon professeur de critique et théorie littéraire.
Je pourrais raconter la dixième lecture de Je L'Aimais d'Anna Gavalda et ce que j'en ai pensé.
Je pourrais raconter l'aventure que j'ai passé avec un Russe, en crise d'allergie suite à une anesthésie, dans le tram.
Je pourrais raconter tellement de choses, imaginer ue multitude de réflexions gravitant autour de ces petites histoires, réfléchir à une foule de théories plus ou moins douteuses.
Mais je n'ai pas les mots qu'il faut.
En bonne architecte que je suis, je n'ai pas les plans de mon texte. Il s'écroule dès que j'y pose une pierre.
Alors, pardonnez-moi.
Pardonnez-moi les feuilles blanches que je vous délivre.
Pardonnez-moi les boulettes de papier qui s'empilent dans ma corbeille. L'encre qui sèche au bout de la plume de mon stylo.
Mais je ne forcerai rien.
On n'attrape pas les papillons dans les airs. On les cueille avec les pissenlits.