Encore lamour. Toujours lamour.
Ça devient rébarbatif.
Mais oui, mais la vie, cest comme ça. On fait bien attention à la faire ordonner, on la range correctement, on en prend soin. Mais, ça ne suffit pas.
On sattend toujours à ce quil y ait un miracle, une illumination, quelque chose qui fasse que ça se passe bien, au mieux, pas trop mal et sans douleur.
Jaimerais pouvoir rentrer chez moi et me blottir dans les bras de mon amoureux, lui dire que ça ne va pas fort, que je suis très fatiguée de cette vie, que jai besoin de réconfort et de tendresse. Pouvoir lui demander de porter un peu de mon malheur, faire semblant au moins de me comprendre et quil me sourit en me disant que tout va sarranger. Tu veux boire une soupe chaude ?
Je rentre chez moi et le chat miaule. Il ne sait pas faire chauffer un bol deau et ouvrir un sachet de poudre.
Voilà à quoi se résume mon malheur. Le froid de lhiver, labsence dune paire de bras, de larges épaules et dune voix souriante.
Et dun bol deau chaude.
Jai toujours pesté sans jamais regretter aucune de mes anciennes relations. Mais, bien quils étaient loin dêtre parfaits, au moins, ils étaient là.
Au jour daujourdhui, je me lamente sur un portable dont le message est destiné à un ex-copain que je pensais ne jamais revoir il y a à peine un mois. Cest dun ridicule.
Surtout que lhiver, cest la saison déprimante où lon ne fait que croiser des couples dans la rue. Des couples qui se tiennent chaud dans des couettes sous la neige.
Mais voilà, des amours passées, il ne me reste que les souvenirs. Et même les amours les plus virulents ne laissent quun goût fade.
« Les ordinateurs disjonctent, les gens meurent et les amours finissent par cesser ».
Cest triste, mais cest vrai.
Il y a bien longtemps que je nai pas rencontré quelquun qui me plaise vraiment. Bien trop longtemps. Au moins, Clara Sheller fini par le trouver.
Et moi, cest quand mon tour ?
Cest comme sur emule, on doit attendre, il y a une liste dattente. Comme à beaucoup dendroits dailleurs, quand jy pense.
La première fois que jai entendu « Partons vite » de Kaolin, jai trouvé cette chanson magnifique. Maintenant que je lentends pratiquemment toutes les heures à la radio, elle ménerve.
Quand est-ce que je trouverai quelquun dont je ne me lasserai pas après plusieurs heures découte ? Quand est-ce que je continuerai de lécouter avec lattention et la poésie de la première heure ?
Et pour toutes celles qui ont pris la relève, et surtout pour celle qui a su garder celui que jai aimé, je les admire au fond de moi tout en les haissant de tout mon cur.
« Tu me manques tellement » était auparavant une preuve infinie dans le temps, mais il ny a quà mon travail quils arrivent un tel tour de magie. Faire dune phrase une boucle interminable. Une danse qui ne sarrête jamais.
Cette fameuse preuve, que je croyais infinie, sest terminée. Lon se demande sil est possible daimer inutilement. Sans finalité dans le temps. Mais on ne trouve pas de réponse, en supposant quil y en ait une.
« Les feuilles mortes se ramassent à la pelle, les souvenirs et les regrets aussi ».
Lhiver est enfin arrivé mais je tattendrai quand même avec ma grosse écharpe et mes moufles jusquau retour des hirondelles sil le faut.